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DESCENTE DE LA TSIRIBIHINA

Publié le par Neos

Lundi 10 avril 2017

Tout de suite après le petit déjeuner, Djork, notre guide pour ces 3 jours arrive à l’hôtel et le contact, là aussi est super ! Il a un grand sourire et nous met tout de suite à l’aise.

Dans un  premier temps, nous allons au commissariat local pour déclarer notre navigation et obtenir les différents documents administratifs. J’accompagne Djork pour ces formalités et la discussion entre les policiers et lui est, comment dire … animée. Evidemment, je ne comprends rien et je n’interviens pas. En sortant, il m’explique que le policier faisant l’enregistrement (sur une feuille volante) conteste la date de validité de sa carte de guide, qui est fixée au 30/06/2017 (rappel, nous sommes en avril 2017) et que, moyennant un billet supplémentaire à la commission habituelle, sa contestation s’éteindra d’elle-même. Djork refuse et ne donne que le bakchich « légal » et tout arrive à rentrer dans l’ordre. Nous y voilà ! Nous comprenons que la corruption est présente partout dans ce pays. Ce ne sera pas la seule fois que nous constaterons la présence de cette gangrène.  
Nous prenons le 4x4 pour nous rendre, par une piste, à l’embarcadère de Masiakampy se trouvant à quelques kilomètres de la ville, permettant ainsi au bateau d’économiser du carburant. Nous sommes accueillis par l'équipage qui charge les provisions sur la barge, autrefois utilisée pour le transport du tabac. Et la navigation commence sur un fleuve à l’eau couleur marron. Dans le pur style de «Out of Africa» cette navigation va nous plonger dans une ambiance contemplative. Nous allons longer les grandes rives de sable blanc, traversant les gorges du massif du Bemaraha et aller à la rencontre des villageois implantés en surplomb du fleuve, c’est un plongeon dans une nature sauvage hors du temps qui nous attend.

C’est la première fois que nous commençons un voyage par un moment de grand calme et finalement ce n‘est pas si mal que ça ! Nous prenons notre premier repas à bord. Notre première halte sera rafraîchissante. Une immense cascade avec une piscine naturelle nous attend et nous nous baignons avec plaisir avant de repartir. Un peu plus loin, nous nous arrêtons au village de Begidro (qui abritait une ancienne concession de tabac) pour découvrir la vie des habitants. Nous plongeons dans un autre monde … De nombreux enfants nous sollicitent pour des bonbons, crayons, cahiers, savons … nous n’en aurons jamais assez pour tout le monde. La pauvreté est extrêmement présente (est-ce de la misère ?) et le manque de moyens est flagrant : pas d’eau courante, pas d’électricité, pas de dispensaire … un vrai choc pour nous. Alors sans voyeurisme aucun, nous marchons dans les ruelles, toujours entourés de la nuée d’enfants ! Ici, sous un arbre un groupe est assis en silence. Il veille le décès d’un enfant décédé 2 jours avant du paludisme. Nous nous asseyons avec eux pour échanger sur ce malheur et leurs conditions de vie. Ils sont sensibles à notre compassion, seule chose que nous pouvons leur donner.
Au coin d’une maison, nous nous essayons au pilage du manioc, ce qui emporte de grands rires de la part des enfants. Nous sommes vraiment « empotés » et notre manque de technique est avéré ! Retour au bateau.

Nous accostons sur la rive opposée pour notre bivouac de la nuit.  L’équipage monte notre tente sur la berge pendant que nous restons dans nos pensées du moment que nous venons de passer. Nous dînons à la chandelle de bonne heure (la nuit arrive vers 18h) et intégrons ensuite notre « appartement » pour une nuit (presque) sous les étoiles !

Publié dans Madagascar

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DESCENTE DE LA TSIRIBIHINA

Publié le par Neos

Mardi 11 avril 2017

Il doit être entre 5h30 et 6h00 du matin quand le jour pointe son nez … La nuit sous la tente s’est plutôt bien passée ! Il faut dire que cela fait presque 35 ans que cela ne m’était pas arrivé … La lumière sur la Tsiribihina est éclatante et augure d’une journée chaude. Une fois le petit déjeuner avalé, nous retournons au village pour acheter quelques denrées fraiches. Des enfants nous reconnaissent et nous appellent par nos prénoms avec de grands sourires. Cette joie nous permet de prendre un peu de recul par rapport à leur situation.

Nous commençons notre navigation du jour et seul le cri des quelques oiseaux accompagne le bruit du moteur. On s’habitue au calme finalement ! Notre première halte se fera au village de Berovo pour rencontrer des sœurs catholiques qui ont construit une école et un dispensaire. Sœur Ivana, polonaise de son état, nous accueille avec un grand sourire. Elle nous explique les différentes missions effectuées : scolarisation des enfants du CP à la 3ème, tenue d’un dispensaire et d’une pharmacie de brousse, éducation à l’hygiène … En échange, nous lui exposons rapidement notre voyage et parlons de nos enfants, de notre vie. Son sourire et son entrain montrent une force et un courage déterminé, et il doit en falloir !  Elle prend le temps de nous faire visiter le jardin de la mission et nous finissons ce moment de partage par une incursion dans une salle de classe et un cours de géographie.

Nous reprenons le cours du fleuve et c’est après déjeuner que nous découvrons notre 1er baobab ! Nos yeux sont grands ouverts devant ces arbres que nous rêvions de découvrir. Subitement, notre cap’tain nous fait des signes : sur la rive, un crocodile ! Enfin, il nous avait promis de nous en montrer un. C’est chose faite. Nous faisons une dernière halte dans un nouveau village. Djork nous dit qu’il y a juste derrière celui-ci de très beaux baobabs à découvrir. Nous découvrons le village, toujours entourés d’enfants. Certains, très jeunes, portent des bidons d’eau de 20 litres, d’autres égrènent du maïs ou jouent avec … rien. A la sortie du village, ils sont là, majestueux et géants. La séance photos durera un moment car nous les prenons sous toutes les coutures.

Après cet instant, nous revenons à la barge pour aller sur la rive d’en face installer notre bivouac. Pendant que l’équipage monte notre campement, nous assistons à un superbe coucher de soleil et comme la veille, nous dînerons de bonne heure avant de rejoindre notre petit nid pour la nuit.

Publié dans Madagascar

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BELO SUR TSIRIBIHINA / MORONDOVA

Publié le par Neos

Mercredi 12 avril 2017

La nuit a été bonne. Encore debout de bonne heure, mais comme on se couche de bonne heure, ceci explique cela.

Nous naviguons « tranquille » en cette matinée. En effet, nous avons rendez-vous avec Ziva au débarcadère de Bélo vers 13h et nous avons largement le temps d’y arriver. Nous profitons de ces derniers instants contemplatifs en se prélassant sur le toit de la barge aménagée avec des chaises longues … trop fatiguant ! Nous déjeunons sur le bateau d’un excellent poulet qui nous a accompagné vivant depuis 2 jours et que notre cuisinier a préparé avec amour !
Et voilà, cette première étape de notre périple s’achève. Nous sommes contents d’avoir vécu au rythme du bateau et d’avoir pu découvrir un peu de la ruralité de Madagascar, même s’il nous a fallu savoir prendre du recul, face à la pauvreté et au dénuement.

Après avoir dit au-revoir à notre équipage, nous montons dans le 4x4 pour prendre la piste à destination de Morondova. Cette piste fut aussi empruntée par la famille Poussin et sa charrette à zébus au cours de leurs aventures malgaches « Madatrek ». Après une vingtaine de kilomètres, nous faisons une halte dans un petit village qui héberge de magnifiques … baobabs ! L’île rouge concentre 7 des 8 espèces de baobabs recensées sur la planète ! Ces arbres (plantés à l'envers d'après certaines légendes) ont parfois plus de 1 000 ans d'âge... ! Un peu plus loin nous tombons sur un spécimen original : le baobab amoureux qui possède la particularité de voir imbriqué deux troncs. En fait, il s’agit d’un seul arbre qui se divise en deux (très narcissique le baobab finalement). La légende dit que les couples qui se font à son pied (embrassade à la clé) doivent se défaire à son pied...

Nous arrivons, enfin, au joyau de la région : l’allée des baobabs qui est mondialement connue et qui est l’objet d’innombrables cartes postales au coucher du soleil notamment. Nous arpentons l’allée en ouvrant grand les yeux, ébahis que nous sommes devant tant de majesté et de beauté. Le temps semble s'être arrêté en ces lieux. Vestiges du passé, ces arbres montrent fièrement leur torse. Ils sont les maîtres des lieux. Une telle concentration de géants est très surprenante, d'autant plus surprenante qu’il n’y en pas beaucoup aux alentours. A cette époque de l’année, peu de touristes et nous sommes quasiment les seuls à en profiter, excellent ! Le soleil n’étant malheureusement pas au rendez-vous, nous décidons de continuer notre route sans attendre la tombée de la nuit.

Nous arrivons au Kimony Resort à Morondova, en fin d’après-midi et nous nous précipitons sous la douche pour nous décrasser car cela fait quand même bientôt 3 jours que nous ne nous sommes pas lavés et cela commence à se voir, éventuellement à se sentir ! Et ça fait du bien d’être propre, vous pouvez me croire. Avant de dîner en terrasse, nous prenons un peu de temps à la piscine pour nous relaxer. Nous nous endormons avec des rêves de baobabs plein la tête !

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MORONDOVA / ANTSIRABE

Publié le par Neos

Jeudi 13 avril 2017

Nous nous levons de bonne heure car nous avons une grande journée de route pour rejoindre Antsirabé. Nous mettrons environ 8 heures pour effectuer les 500 km  de la journée.

Avant de prendre la route, nous faisons un rapide tour à Morondova pour voir la mer ! Nous faisons aussi un rapide tour du marché pour humer les odeurs et fureter à travers les étals. Et c’est parti sur le ruban d’asphalte et … les nids de poule ! Nous quittons les paysages et leurs baobabs-sentinelles. Nous observons les scènes de la vie rurale : ici, un paysan prépare la rizière en labourant le sol avec une charrue sommaire tirée par ses zébus ; là, au bord de la route, une jeune fille porte des bidons jaunes qu’elle vient de remplir à la fontaine du village. Plus loin, dans une rivière, une femme fait la vaisselle pendant qu’une autre lave du linge.

Et puis, notre journée est rythmée par les incessants contrôles de police à l’entrée et à la sortie des villages. On fait même un concours avec Ziva : qui sera le plus contrôlé dans la journée ? A la fin de la journée, nous aurons gagné 5 à 3 ! Des contrôles qui sont hallucinants : en effet, je me suis permis d’interroger un policier sur l’utilité et le traitement administratif de tous les formulaires (sur feuille volante) qu’il était en train de remplir … Réponse : pour les archives à Tana ! J’insiste pour lui demander à quoi ça sert de les envoyer directement aux archives sans les exploiter autrement, et la seule réponse obtenue est : c’est mon travail de le faire … circulez ! Ziva nous explique alors qu’il attend un petit billet pour aller plus vite … Ne serions-nous pas dans ce qui ressemble à une république bananière ?

Bref, après avoir déjeuné dans un hotely, nous quittons les espaces désertiques et progressons dans les paysages verdoyants des Hautes Terres. C’est vers 17h30 que nous arrivons à Antsirabé. Situé à plus de 1 400 mètres d’altitude, il y fait froid pendant l’hiver austral. Cette ancienne ville thermale a gardé son cachet suranné de l’époque coloniale. C’est une ville paisible et calme, sauf en ce WE de Pâques : le centre-ville est transformé en une immense kermesse. Et puis, l’attraction de la ville est quand même ses milliers de pousse-pousse joliment décorés.
Après avoir pris nos quartiers dans la magnifique maison « Couleur Café », nous prenons un pousse-pousse pour aller dîner en ville. Notre choix se porte sur le restaurant le Pousse-pousse (!), où nous dinons dans un joli décor, d’une brochette de zébu à la vanille et d’un magnifique bol renversé. Notre conducteur, qui nous a attendus nous ramène en fin de soirée à notre logis.

A demain !

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ANTSIRABE / RANOMAFANA

Publié le par Neos

Vendredi 14 avril 2017

Après le petit déjeuner, nous allons visiter quelques ateliers d’artisanat : nous commençons par un atelier de miniatures, celles-ci sont construites avec du matériel de récupération (tringles a rideaux souples, fil à pêche, bricoles récupérées …). Juste à côté, un atelier de broderie présente nappes, serviettes et autres produits. Ensuite nous assistons à la présentation du processus de fabrication d’objets en corne de zébu. Ce qui est assez étonnant, c’est que dans ces magasins, les prix sont fixes et non négociables. Nous passons donc notre chemin !

Avant de quitter la ville, nous allons voir l’ancien hôtel des thermes, aujourd’hui devenu un des hôtels les plus luxueux de la ville. Mohammed V et son fils, le futur roi Hassan II du Maroc, en exil y logèrent. Nous faisons une halte pour visiter la cathédrale, très européenne dans sa construction et prenons du temps au marché couvert avec ses étals colorés de viandes, poissons et légumes. Nous prenons la route nationale 7 qui traverse de nombreux villages et qui serpente à travers les rizières. A Ambositra, nous visitons un atelier spécialisé dans la marqueterie et les sculptures sur bois précieux. Nous y faisons quelques emplettes avant de déjeuner dans un hotely à la sortie de la ville.
Et le paysage change en devenant un peu plus montagneux. La route se dégrade aussi et il faut que notre chauffeur reste concentré pour éviter les ornières. Au détour d’un virage, une distillerie de géraniums s’est installée et permet aux agriculteurs du coin d’avoir un maigre revenu. Les panneaux annoncent le parc national de Ranomafana. La forêt qui le compose est de type forêt pluviale.  On le sent bien tellement la couleur verte domine ! Comme le dit un proverbe local : « Ici, il y a deux saisons : la saison des pluies et la saison où il pleut ». C'est dire si le climat humide favorise la pousse de la végétation.

Nous nous installons à l’Hôtel thermal qui a été réhabilité il y a quelques mois. C’est un bel établissement, tout confort. La pluie finit par s’inviter et nous ne sommes pas surpris. Elle est très présente dans cette vallée. Nous allons dîner en ville dans un joli petit restaurant : Chez Tantely et Claire. Pendant que nous dînons, je surprends la jeune serveuse en train de confectionner notre addition sur une feuille de cahier scolaire : « So cute ! ». Nous engageons conversation avec Charly, médecin américain pour une ONG et Elisabeth son épouse. Ils vivent ici depuis plus d’un an et doivent partir car Charly est fatigué. Il y a tellement à faire tous les jours !

Publié dans Madagascar

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