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RANOMAFANA / MANAKARA

Publié le par Neos

Samedi 15 avril 2017

Notre matinée est consacrée à une randonnée dans le parc, à la découverte de la faune et de la flore. Notre guide se nomme Chantal est tout de suite à l’aise avec nous et nous aussi d’ailleurs ! C’est à travers des sentiers biens tracés dans la forêt tropicale humide que nous allons découvrir les fougères, orchidées, plantes médicinales, palissandre et autres arbres rares… mais aussi les gentilles bébêtes de la forêt, dont des lémuriens. Nous ferons le circuit Talatakely qui est une boucle de 8 km qui se fait en 3 heures environ.

Vers 11h30, nous revenons à l’hôtel pour nous rafraîchir d’une bonne douche. Nous partons ensuite vers Manakara, notre destination du jour qui se situe à 3 heures de route. Nous déjeunons dans le petit village d’Irondro dans un hotely agrée par Ziva !
Comme nous arrivons assez tôt à Manakara, après s’être installés dans notre petit coin de paradis pour 2 nuits (on va enfin se poser un peu !) nommé « Hôtel Antemoro », nous demandons à Ziva de nous amener en ville afin que nous puissions visiter un peu et s’imprégner de l’activité commerciale. Il nous dépose juste à côté d’une église et comme nous avons l’habitude de faire les curieux, nous y entrons pour découvrir son intérieur. Celui-ci est très sobre et on voit bien que la richesse de cette église n’est pas dans son décorum. Le prêtre se dirige vers nous et nous passons un moment à échanger sur notre voyage et sur la fête de Pâques qui se prépare. Après ce moment fraternel, nous continuons notre découverte par un arrêt à la gare ferroviaire. Celle-ci accueille 3 fois par semaine le train FCE (Fianarantsoa-Côte Est) qui n’est pas qu’un monument touristique. Ce train est vital pour tous les habitants se trouvant le long de ses 163 km. Il met environ 12 heures pour relier les 2 villes … quand tout va bien. Le matériel est vétuste et la voie, construite entre 1926 et 1936 par les Français et les Chinois, est en triste état.

Nous continuons notre découverte de la ville et nous décidons de prendre un pousse-pousse pour revenir à notre hôtel qui se trouve au bord de l’océan indien et qui est donc un peu excentré. Nous avons le temps de découvrir l’ancien quartier du port et des affaires qui a dû être dans un autre temps magnifiquement agencé et beau. Les bâtiments et les maisons sont maintenant en totale décrépitude et en total abandon, les larges rues goudronnées sont complètement vides. Tout ici évoque la ville fantôme. Le temps et l’air salé sont en train de tout détruire.
Nous dînons à l’hôtel et passons une partie de la soirée avec Jeannot le patron qui nous raconte un peu les réalités de ce pays en nous décrivant son parcours du combattant pendant 7 longues années pour arriver à faire que son établissement soit ce qu’il est aujourd’hui …

Publié dans Madagascar

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CANAL DES PANGALANES

Publié le par Neos

Dimanche 16 avril 2017

Nous faisons la grasse matinée … nous nous levons vers 7h30 ! Cette journée sera consacrée à une balade en bateau sur le canal des Pangalanes. Bâti à l’origine pour exercer un meilleur contrôle administratif et militaire sur la région, ce canal, construit en 1896 par le général français Galliéni est une voie de 665 km permettant de pallier aux problèmes de navigation fréquemment rencontrés par la marine marchande et militaire sur la côte est de l’île de Madagascar : le cabotage y était en effet très dangereux à cause de la présence de récifs, de courants importants et de hautes vagues formées par la rencontre de l’Océan Indien et du continent africain. Il va sans dire que son état actuel laisse à désirer …

Nous partons avec Félix (notre guide du jour) et son équipage pour explorer le canal. Ici un pécheur d’huîtres, là un enfant qui se lave dans l’eau et un peu plus loin, une pirogue transportant des feuilles d’arbre du voyageur (emblème du pays) servant à confectionner les toitures des maisons en adobe. Nous revenons ensuite vers l’embouchure pour voir les pêcheurs revenir de la pêche dans leurs (très) frêles pirogues, ballottées par les fortes vagues de l’océan. Félix achète les poissons et langoustes que nous mangerons lors de notre pique-nique. Nous reprenons notre navigation sur la rivière et découvrons avec curiosité le pont reliant Manakara kely, la nouvelle ville, à Manakara be, l’ancienne ville. Celui-ci s’est écroulé le 10 septembre 2012 alors qu’un camion (trop lourd) le traversait. Depuis … rien n’est fait. Un simple pont provisoire a été jeté un peu plus loin et c’est tout. Sa réhabilitation était prévue pour mars 2017 et je vous confirme qu’il va falloir attendre encore !

Après 1h30 de navigation, nous nous arrêtons dans un village de pécheurs pour y découvrir la vie quotidienne des habitants. Une jeune fille arrive à me vendre un joli chapeau typique de la région (j’ai l’ambition de m’en servir comme panière à pain) et un peu plus loin un charpentier est en train de travailler sur une future pirogue. Nous arrivons sur la plage et pendant que Félix prépare le repas, nous marchons sur la plage, les pieds dans l’eau. Nous ne nous baignerons pas car l’océan est dangereux avec les requins et les courants violents. Le pique-nique est somptueux : apéritif avec un punch coco, poissons et langoustes grillés sur les braises, riz (évidemment) et ananas frais - Excellent.

Nous revenons par le village et une superbe maison aux volets verts nous interpelle … Félix nous dit que c’est celle du roi du village ! Ben voyons ! Nous reprenons notre esquif pour aller voir une distillerie d’huiles essentielles. Rien d’extraordinaire, mais ne soyons pas blasés ! En revenant vers la ville, nous passons devant le  monument aux morts dédié aux victimes de la violente répression exercée en 1947 par les soldats français pour calmer les velléités d'indépendance des habitants de la région. Ni le nombre, ni le nom des victimes n'apparaissent sur ce monument qui symbolise les fosses communes creusées pour l'occasion.

Nous finissons cette belle journée par un dîner au restaurant « La belle vue » En effet, Charly, le médecin américain rencontré à Ranomafana nous a conseillé, en sus des bons plats, les rhums arrangés de la maison. Ils valent effectivement le détour !

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MANAKARA / FIANARANTSOA

Publié le par Neos

Lundi 17 avril 2017

Direction Fianarantsoa. Cette ville est un passage obligé, non pas pour son attrait plutôt limité... mais parce qu'elle est un véritable carrefour routier. Comme le réseau routier est pour le moins pauvre, nous reprenons la même route qui nous a amenée ici. Nous profitons des explications de Ziva pour découvrir tout au long de la route, la diversité de la flore : ylang-ylang, caféier, giroflier et autres espèces d’arbres.

Nous déjeunons à Ranomafana au Manja Hôtel qui parait-il fait les meilleures brochettes de Zébu de la ville. Réputation non usurpée ! Après un tour au marché, nous reprenons la route et partout dans les villages traversés, une grande liesse populaire est présente. En ce lundi de Pâques, la population s’est rassemblée pour des pique-niques gigantesques. Ces marées humaines sont vraiment impressionnantes et de partout, on entend les enfants nous interpeller aux cris de « Vazaha, vazaha » avec de grands sourires que nous leur rendons bien. Bon à savoir : le concept de vazaha (étranger) en malgache, renvoie au-delà d'une identification basée sur l'apparence physique ou la provenance géographique de la personne ainsi désignée, à un statut social dominant contenant implicitement l’idée d’une méconnaissance de la culture malgache.

Nous arrivons à Fianarantsoa en milieu d’après-midi et avant de rejoindre notre hôtel, nous nous arrêtons évidemment à l’atelier de Pierrot Men, artiste malgache mondialement connu pour ses magnifiques et extraordinaires photographies. Pierrot Men, c’est Madagascar en images. Il a su saisir son pays, les attitudes et expressions du quotidien des malgaches et nous les faire partager. A travers son regard et sa sensibilité, on approche au plus près les scènes de la vie quotidienne.
Dans son magasin, nous passons un long moment à regarder des photos et ses livres. Nous pouvons même entrer dans son laboratoire pour s’imprégner de l’atmosphère.  Nous avons du mal à choisir les photos que nous voulons ramener avec nous, car elles sont toutes plus expressives les unes des autres. Nous décidons donc de revenir le lendemain matin, au calme car il y a beaucoup de monde et nous ne sommes pas en condition !

Nous logeons à l’hôtel « La Rizière » situé au sein de l’école hôtelière qui porte le même nom. Cette école forme chaque année 90 jeunes aux différents métiers de l’hôtellerie et les recettes de l’exploitation couvrent 85% des frais de scolarité. En réservant ici, nous voulions participer à notre façon à la formation de jeunes malgaches.

Comme nous avons du temps avant que la nuit ne tombe, nous partons à la découverte de la ville haute. Bâtie durant le XIXème siècle, elle est un vestige du passé qui étonnamment, est toujours très vivant. La tradition voulait que les personnes de haute condition demeurent sur les hauteurs, non loin du palais du Gouverneur, alors que les habitants de condition plus modeste se partageaient le pied de la colline, en signe de soumission et de respect pour les grands.
Une visite à pied permet de découvrir tous les coins et recoins. Au cours de notre balade pédestre, on est vite séduit par son dédale de ruelles qui serpente paisiblement entre les maisons traditionnelles patinées depuis longtemps par le temps. Nous faisons la connaissance de Sabine qui nous aborde dans le but de nous faire partager sa culture et son amour de la France ! Elle a 62 ans et on lui en donnerait 80. Ses yeux pétillent de joie et c’est un joli moment de bonheur que nous partageons avec elle.

En revenant à l’hôtel, nous passons devant le bureau de la « Division du suivi des réalisations », intitulé qui nous fait sourire quand on voit l’état de délabrement du pays ! Une fois revenu à la Rizière, nous prenons un moment de repos dans notre chambre et ensuite nous dînons au restaurant d’application de l’école avant de passer une excellente nuit.

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FIANARANTSOA / RANOHIRA

Publié le par Neos

Mardi 18 avril 2017

Aujourd’hui, nous avons 300 km à parcourir, cela nous fera environ 5h de route. Nous aurons le temps de musarder en chemin et c’est bien l’un des buts de notre expédition ! Mais avant de partir, nous retournons à l’atelier de Pierrot Men avec le secret espoir de le rencontrer … Et notre désir est exhaussé ! Il est dans son laboratoire en train de finir un tirage. Nous nous avançons et il nous souhaite tout simplement la bienvenue. Pendant quelques minutes, nous échangeons sur son travail et nous lui signifions notre admiration pour la beauté des instants de vie qu’il réussit à capturer. Nous lui racontons aussi notre périple et nos envies de Madagascar, comme des vieux amis qui ne se sont pas vus depuis un moment. Nous choisissons des photographies qui nous parlent et qui nous ferons penser à ce pays quand nous serons chez nous et gentiment, il nous les dédicace. Nous sommes heureux comme des enfants devant le sapin de Noël et comme dirait notre fille : trop bien !

C’est l’heure de prendre la route et entre Fianarantsao et Ambalavao, nous traversons des paysages typiques des Hautes Terres : cultures en escaliers de vignobles, de tabac et de thé... petites maisons en briques et, comme partout, les zébus. Animaux considérés comme signes de richesse, ils ont un rôle très important dans la vie malgache. Le sacrifice d'un zébu est essentiel à tous les rituels.
Le mercredi, à Ambalavao, c'est le marché aux zébus... Commerce très important pour la ville puisque c'est ici que transitent près de 2 000 têtes de bétail chaque semaine ! C’est aussi dans ce village que l'on peut découvrir des ateliers de tissage de soie sauvage et la fabrication manuelle de papier antemoro le plus réputé du pays. La pâte à papier est faite à partir de la fibre très souple de l'arbuste « avoha » et est souvent agrémentée de fleurs fraîches. La fabrique se tient dans le fond de l'enceinte de l'hôtel « Aux Bougainvillées », où nous déjeunons car la petite gargote où Ziva à l’habitude d’aller est fermée ce jour-là.

On sent que le sud commence ici, il y fait plus chaud et sec. Nous continuons en direction du Grand Sud vers Ihosy, capitale des "Bara", pasteurs semi-nomades d'origine africaine qui forment aussi la caste des voleurs de zébus ! C'est là que finit la région des Hautes Terres et que commence le Grand Sud, où domine la brousse sèche, domaine des grands troupeaux. Sur la route, on voit souvent des gens transportant de gros sacs de charbon de bois, produit de première nécessité, ici, fourni par les eucalyptus acclimatés là où la forêt primitive a malheureusement disparu.

Nous arrivons à Ranohira sous une pluie diluvienne et avant d’aller à l’hôtel, nous prenons contact avec notre guide du lendemain. Olivier nous explique la randonnée que nous allons faire dans le parc de l’Isalo et nous propose de s’occuper du pique-nique qui sera plus convivial que les sandwichs proposés par notre hôtel. Nous sommes évidemment d’accord ! Nous rejoignons ensuite « l’Isalo Ranch », notre logis pour les 2 prochaines nuits. Il se trouve un peu à l’écart de la ville et est un éco-lodge composée de jolis petits bungalows. Comme il pleut toujours, nous ne pouvons malheureusement pas profiter de la piscine et du jardin tropical. Après dîner, nous nous endormons en pensant aux paroles d’Olivier : il fera beau demain !

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PARC DE L’ISALO

Publié le par Neos

Mercredi 19 avril 2017

Le réveil sonne à 6h et le soleil pointe son nez : merci Olivier ! Nous avons, en effet, prévu de démarrer notre randonnée assez tôt pour 2 raisons : marcher à la « fraîche » car il peut faire très chaud sur le plateau et il y a peu d’arbres et ensuite, nous voulons éviter autant que faire se peut, les groupes importants de touristes qui pourraient troubler la quiétude des lieux.

C’est par une piste un peu « défoncée » que nous rejoignons l’une des entrées du parc. Le parc national de l’Isalo est un massif rocheux naturel, ressemblant à un champ de ruines de part un relief très atypique, rappelant le grand ouest américain – ça n’est pas pour rien que l’Isalo est surnommé « Le Colorado Malgache ». Composé de roches formées il y a de plus de 150 millions d’années, le parc alterne paysages désertiques et canyons verdoyants au sein desquels coulent de nombreuses rivières prenant leurs sources dans de magnifiques piscines naturelles, ce qui donne un résultat visuel absolument magnifique.
Olivier est l’homme de la situation, il nous conte avec plaisir les paysages, la faune et la flore et la culture locale. Il maîtrise parfaitement son sujet et surtout aime transmettre sa passion pour son territoire.

Nous commençons par découvrir nos premiers lémuriens, de la famille des Makis, qui se prélassent au soleil levant sur une crête rocheuse. Ici, on peut aussi découvrir des tombeaux provisoires servant à ensevelir les défunts avant la cérémonie du retournement (à prendre dans le sens du retour vers le monde des vivants). Celle-ci permet au défunt, dès lors que la famille a réuni les fonds (une somme parfois considérable) pour organiser la fête, de revenir une dernière fois dans le monde des vivants avant d’être inhumé définitivement pour accéder au statut d’ancêtre.
Nous poursuivons notre randonnée et accédons à un magnifique point de vue surplombant les épines rocheuses. Spectacle grandiose assuré ! Nous continuons notre marche par des petits chemins tracés dans la savane. Celle-ci s’achève par une descente un peu raide, pour rejoindre l’endroit du bivouac : le canyon des makis, qui sera aussi le lieu d’un excellent déjeuner préparé par le cuisinier du guide. Nous déjeunons vers 11h30 car il y a déjà de nombreux touristes qui arrivent et qui vont certainement faire la même chose que nous l’après-midi … Vive les horaires décalés ! Alors, après un excellent repas entouré de lémuriens curieux mais un peu envahissants, nous prenons le chemin du canyon. C’est un véritable paysage à l’américaine (Indiana Jones, sors de ce corps !), une tranchée de plus de 150m de haut et 20m de large, ou l’ombre et le passage d’un courant d’eau ont permis à la végétation de prendre le dessus sur la sécheresse ambiante. Le coin a été aménagée, mais attention, car le parcours reste vallonné, et l’humidité rend les roches glissantes !
L’aller-retour est l’occasion de voir deux piscines naturelles ! La première, nommée la piscine bleue et située à mi-parcours, est l’objet d’un passage rapide. En effet, la deuxième piscine, la piscine noire, permet aux plus courageux de se baigner car l’eau est … (très) fraîche ! Sur le chemin du retour, nous grimpons à la cascade des nymphes. A Madagascar les nymphes sont souvent au menu des restaurants, il s'agit de grenouilles, mais ici point de grenouilles, mais un décor de rêve.
Nous prenons le chemin du retour, et sortons du canyon des makis pour rejoindre notre véhicule, où notre chauffeur nous attend pour nous ramener à l’hôtel, mais cela n’est pas fini, car d’autres visites nous attendent encore ….

Après un moment de repos, nous reprenons notre 4x4 vers 16h30 pour nous rendre à la fenêtre de l’Isalo située à quelques km de là. Cette appellation vient du nom du rocher du lieu, qui a simplement une forme de fenêtre. C’est tout ? Bien sûr que non ma bonne dame, l’orientation de la fenêtre est telle que la trajectoire du soleil passe en plein dedans et donc, nous allons y voir le coucher de soleil qui devrait être celui du siècle ! Ce ne fut pas tout à fait ça, mais quand même, on peut dire que ce n’était pas mal ! Sur la route du retour, nous apercevons la reine de l’Isalo, rocher assez spécial, car sa forme rappelle étrangement la silhouette d’un homme. Avantage, le lieu est situé directement au bord de la route.

Nous dînons à l’hôtel et passons une bonne nuit après la saine fatigue de la journée.

Publié dans Madagascar

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