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TRINIDAD / CAMAGUEY

Publié le par Neos

TRINIDAD / CAMAGUEY

Jeudi 21 février 2013

Nous prenons notre petit déjeuner assez tôt, car nous avons une bonne journée de route qui nous emmènera à Camaguey. Nous faisons une halte imprévue (finalement, c’est d’ailleurs pour ça que nous avons souhaité voyager comme nous voyageons !) à Manaca Iznaga, petit village dominé par une étrange tour. Celle-ci, fut construite il y a plus de 155 années, pour surveiller les champs et donner l'alerte en cas de fuite d'esclave ou de feu dans les plantations. Avec 45,5 mètres de hauteur, et un escalier de 136 marches, elle s’élève au milieu du paysage en défiant le temps avec ses cloches qui servaient pour appeler à la prière et indiquer le commencement et la fin de la journée de travail esclave. Le lieu est calme, la vue est magnifique.

Nous atteignons Sancti Spiritus vers 10h30. Ce carrefour en fait un point de passage presque obligatoire pour le voyageur. De l’époque coloniale, elle a conservé un labyrinthe de rues ponctuées, çà et là des vestiges architecturaux intéressants. Nous laissons notre véhicule sur le Parque Serafin Sãnchez pour visiter les bâtiments autour. Dans un angle de la place, la bibliothèque provinciale en impose avec sa façade coloniale toute blanche. Un peu plus loin, nous admirons les très belles boiseries de La Iglesia Parroquial Mayor del Espiritu Santo. En continuant dans le Barrio San Juan, nous arrivons au Puente Yayabo, pont en pierre de style médiéval. Nous revenons à notre véhicule en empruntant les ruelles bordées de petites maisons colorées.

C’est vers 15h que nous arrivons à Camaguey. Elle fut fondée le 2 février 1514, sous le nom de Santa María del Puerto de Príncipe. La ville fut initialement construite sur la côte nord de l'île de Cuba, mais suite à des attaques répétées de pirates elle fut déplacée par étapes vers son site actuel. Le nom provient d'un cacique indien qui se nommait Camaguebax. Nous prenons possession de notre chambre à l’hôtel Colon, en centre-ville. Le couloir principal distribuant les chambres ressemble à un couloir de prison … Etonnant non ? Nous partons à la découverte de la cité des églises qui ne compte pas moins de 20 lieux de culte en son centre. C’est la première ville où l’on découvre une rue piétonne avec des magasins, parfois un peu kitch ! Nous entrons dans Nuestra Señora de la Merced dont la pièce maitresse est un saint sépulcre en argent de 1762. Nous continuons notre promenade pour arriver à la Plaza San Juan de Dios qui a été entièrement rénovée avec ses bâtiments aux couleurs éclatantes.

C’est sur cette place que nous dinerons, dans le restaurant « 1800 ». Le patron est tout fier d’apprendre que son établissement dispose d’excellentes critiques de la part des internautes. Avant de diner, nous repartons à l’hôtel en vélo-pousse pour se rafraichir. En fin d’après-midi, nous retournons en ville, prendre un mojito en terrasse avant de diner d’un très bon repas de spécialités cubaines.

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CAMAGUEY / SANTIAGO DE CUBA

Publié le par Neos

CAMAGUEY / SANTIAGO DE CUBA

Vendredi 22 février 2013

Nous voici encore face à une journée de route pour aller vers Santiago de Cuba. Environ 4h30 de route, mais cela ne nous pèse pas. Nous sommes 2 chauffeurs, avec des relais de 2h de conduite. Et puis, finalement, étant nos propres « patrons », nous pouvons nous arrêter là où nous voulons, au gré de nos envies.

Notre route est bordée de panneaux de propagande, à la gloire de la liberté, du socialisme, de la révolution et de l’espoir. Le Che est partout, alors que Fidel est beaucoup moins présent. Après avoir traversé d’immenses plaines de plantations de canne à sucre, nous arrivons à Bayamo. Cette ville de 150 000 habitants semble tellement endormie que l’on a de la peine à imaginer qu’elle ait influencé le destin de Cuba. Elle est le berceau de la nationalité cubaine, en effet, l’hymne national est né ici et les habitants brulèrent leur ville afin qu’elle ne tombe pas aux mains des espagnols.

Le joli petit centre est composé de la plaza del Himmo National, avec son église et la belle maison de la nationalité cubaine et de la plaza de la Révolution, magnifiquement arborée. On y trouve un cinéma qui diffuse des films français … des années 60 et 70 ! Après le déjeuner, nous reprenons la route pour Santiago de Cuba où nous arriverons vers 16h.

Nous filons directement au Castillo del Morro, juché sur une falaise, à l’entrée de la baie au sud de la ville. Edifiée au 17ème siècle, sa fonction était de prévenir les attaques des pirates, fort nombreuses à cette époque-là. Il est aujourd’hui déclaré patrimoine mondial de l’humanité et abrite un musée. C’est un endroit à découvrir absolument au coucher de soleil.

Nous prenons ensuite possession de nos chambres à l’hôtel San Juan, dont le parc a souffert de la dernière tempête. C’est un endroit agréable et non loin du centre-ville. Après un moment de détente au bord de la piscine, nous retournons en ville pour diner. Nous retrouvons un petit groupe d’italiens sourds et muets, que nous avions rencontrés à la Havane. Sourires complices et explications écrites de notre parcours.

C’est vers minuit, après un rhum vieux, accompagné d’un cigare que nous nous endormons.

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SANTIAGO DE CUBA

Publié le par Neos

SANTIAGO DE CUBA

Samedi 23 février 2013

Nous nous levons un peu plus tard et c’est vers 9h que nous partons vers la basilique Nuestra Senora de la Caridad del Cobre qui se trouve à 20 km de la ville. L’édifice renferme la statue de la Vierge de la Charité du Cuivre, déclarée patronne de Cuba en 1916. Sur la route, il y a les inévitables vendeurs de fleurs, statuettes, colliers et autres souvenirs. C’est un endroit à voir pour l’architecture et pour l’atmosphère sereine embrassant les fidèles.

Nous repartons ensuite vers Santiago pour aller faire un tour à la playa Siboney, petite station balnéaire où se retrouvent les cubains le week-end. En effet, nous sommes les seuls touristes et nous sommes observés avec de grands sourires, surtout pour notre peau blanche ! Le sable de la plage est un peu grossier, mais l’eau est bonne. Et puis nous ne sommes pas venus y passer la journée. Nous déjeunons dans un petit restaurant au bord de la plage et, ma foi, on se sent bien !

En début d’après-midi, nous retournons à Santiago de Cuba, dans le but de visiter un peu le centre-ville. Le Parque Cespedes est tout petit, ce qui est étonnant pour une grande ville comme celle-ci. Nous visitons la maison de Diego Velasquez, qui fut le 1er gouverneur de Cuba. C’est une jolie maison qui abrite du mobilier cubain du 17e s. jusqu’au 19e s. aux origines espagnoles. Visite à faire, sans aucun doute. En face, l’hôtel Casa Grande avec sa charmante terrasse qui surplombe la ville, offre aux touristes une superbe vue et la possibilité de siroter … un mojito !

Nous partons ensuite à la découverte du quartier Tivoli, quartier où les français chassés d’Haïti à la fin du 18e s. s’installèrent. Le balcon de Velasquez offre une belle vue sur les toits du quartier et une belle maison coloniale a été transformée en musée de la lutte clandestine.

C’est à la nuit tombée que nous retournons à l’hôtel nous rafraichir pour ensuite aller diner au El Barracon, un petit restaurant cubain que nous avons repéré. Il ne paye pas de mine et ne se trouve pas dans le quartier central, mais ce n’est pas important. Nous avons eu raison, la cuisine est excellente et l’atmosphère chaleureuse.

A demain !

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SANTIAGO DE CUBA / BARACOA

Publié le par Neos

SANTIAGO DE CUBA / BARACOA

Dimanche 24 février 2013

En route pour l’est de l’île ! Nous allons pénétrer une région peu explorée par le tourisme de masse, car trop éloignée des circuits classiques. Nous empruntons la « carretara songo » en direction de Guatanamo. En passant sur un pont enjambant une belle rivière, nous apercevons des pécheurs assis sur des bouées, tels des « playmobils » ! Une brève conversation s’engage et un pécheur nous montre ses prises assez nombreuses. Nous arrivons ensuite dans la ville malheureusement célèbre pour « héberger » la base navale américaine ; héritage de l'amendement Pratt de 1903, abrogée en 1934, qui réservait aux américains le droit d’ingérence dans la vie politique et militaire cubaine. Cette partie de l'île redeviendra cubaine en 2033 … Une patrouille de police nous arrête pour savoir ce que nous faisons sur cette route. Nous lui indiquons que Baracoa est notre destination et nous pouvons repartir sereinement ! Et pas question de faire des photos, sinon …

A 5 km de l’entrée de la base militaire commence la très belle route côtière s’insinuant au pied des montagnes. La végétation se raréfie pour laisser place à une zone semi-désertique derrière Tortuguilla, le premier village de pécheurs. Derrière ses cabanes, se déroule un littoral splendide aux innombrables criques. Nous déjeunons à San Antonio del Sur, dans un petit restaurant au bord de la route, sous le regard étonné des cubains se désaltérant en écoutant de la musique à tue-tête. A partir de là, les bouquets de cactus sont les seuls arbres trouvant grâce dans ce paysage aride.

Commence alors la fameuse « route de la Farola ». 150 virages sur 35 km ! Avant ce projet à flanc de montagne Baracoa se trouvait plus près de Haiti que de La Havane. Ses traditions en furent influencées. De multiples panneaux mettent en garde les automobilistes prêts à s’aventurer dans les replis de la Sierra del Purial. Ces avertissements sont valables pour les véhicules des locaux. Avec notre véhicule de location, aucun souci. De plus, le revêtement routier est en très bon état … Il fallait donc venir jusque-là pour en voir ! Nous faisons une halte sur la route pour acheter des cucuruchos, spécialité locale. Enveloppé dans une feuille de palmier en forme de cône, il s'agit d'un mélange de noix de coco , de sucre, d’orange, de goyave et d'ananas. Excellent ! Nous achetons aussi des escargots multicolores, les polimitas pictas. La légende dit qu'ils étaient blancs et qu'ils demandèrent à la montagne de leur donner un peu de couleur.

Nous arrivons enfin à Baracoa, où nous découvrons un village colonial presque intact, entouré de plages désertes et de forêt vierge. Avec ses rues pavées, bordées de beaux bâtiments colorés, on retrouve une agréable ambiance antillaise. On dit que c’est ici que débarqua Christophe Colomb en 1492. Nous nous installons à l’hôtel 1511, établissement de quelques chambres qui s’avèrera le meilleur de notre séjour. Après quelques instants de repos, nous reprenons notre voiture pour aller faire une randonnée à Boca de Yumuri. La route serpente parmi les fermes et les petites maisons typiques. On aperçoit les plantations de cacaotier tout au long des 20 km. A notre arrivée, un passeur nous propose de prendre une barque pour aller découvrit la faune et la flore se cachant le long du fleuve. A faire au coucher du soleil, car la lumière est extraordinaire !

Nous revenons alors que la nuit est tombée. Nous roulons avec une extrême prudence car la route appartient à tout le monde et les ornières sont nombreuses ! Nous dînons dans un joli petit restaurant au doux nom de « le Colonial ». Cette maison sert un poisson curieux : le téti. Ce petit poisson d'un gris transparent mesure 1,5 cm et voyage en paquets gélatineux jusqu'à l'embouchure de la Toa ou la masse se dissout au contact de l'eau douce, chaque téti remontant la rivière pour se reproduire. Le téti se mange en friture avec une sauce piquante ou en omelette.

En revenant à notre logis, nous profitons de l’ambiance de la ville car nous sommes dimanche et le dimanche, c’est fête !

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BARACOA / HOLGUIN

Publié le par Neos

BARACOA / HOLGUIN

Lundi 25 février 2013

Aujourd’hui, nous entamons notre remontée vers la Havane. Nous avons le choix entre reprendre sagement la Carretera central que nous avons empruntée pour venir ici ou bien prendre la route longeant la côte nord en direction de Moa. Comme nous aimons vivre dangereusement et que nous souhaitons voir du pays, nous optons pour la seconde possibilité. Résultat des courses : 4H pour faire les 70 km nous séparant de Moa ! Ce n’est pas une route mais une succession de trous. Nous sommes même descendus 2 fois de la voiture pour « évaluer le terrain ». Mais l’aventure s’en est trouvée très enrichissante. En effet, les paysages côtiers sont de toute beauté et méritent vraiment le détour et les efforts fournis.

En arrivant à Moa, nous avons l’impression d’arriver sur Mars (bien que nous n’y soyons jamais allés !). Tout est rouge : la route, les arbres, la mer, le ciel … Mais c’est quoi donc ? Ce sont les mines de nickel, à ciel ouvert qui façonnent les paysages ainsi. Les différents polluants expulsés par le traitement de ces minéraux représentent un risque de contamination des nappes aquifères, ainsi que les eaux de surface de l'air et le biote de la région. Au moins 1 350 hectares des eaux côtières montrent des niveaux élevés de contamination dus à l'activité de l'industrie du nickel et le déversement de déchets toxiques dans les rivières de la région. Nous passons vite notre chemin.

Nous poursuivons notre route et nous nous arrêtons à Sagua de Tãnamo pour déjeuner. Une nouvelle épreuve nous attend … Nous devons changer des CUC contre des pesos cubanos non convertibles, car le restaurant dans lequel nous voulons nous restaurer ne prend pas les CUC ! Un gentil cubain se prête au jeu et nous pouvons payer notre repas, soit l'équivalent de 1,20 euros par personne. Après cet instant de repos, la route nous attend. Nous slalomons toujours entre les trous et ornières. Notre destination est la petite ville de Guardalavaca, station balnéaire pour étrangers. Les plages ne nous intéressent pas, nous, nous voulons voir le « Chorro de Maita » qui serait le plus grand cimetière indien des Caraïbes. Nous craignons de ne pouvoir le visiter car, sur tous les livres, il est dit qu'il est fermé le lundi. Mais, il faut toujours tenter ! Et nous avons raison d'y croire. Le cimetière est ouvert et nous découvrons les 62 squelettes, soit en position fœtale pour les aborigènes, soit sur le dos les bras croisés pour les espagnols.

C'est en fin d'après-midi que nous arrivons à Holguin. Notre hôtel El Bosque est, parait-il ce qu'il se fait de mieux dans la ville. Cet avis ne concerne que ceux qui l'ont émis ! C'est bien, mais pas exceptionnel. Nous partons en ville, musarder et dîner. Nous trouvons un petit établissement local où, comme souvent, nous sommes les seuls « non cubains ». Après cette excellente soirée, nous nous endormons assez vite car la journée a été longue et fatigante.

Publié dans Cuba

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