ETANG SALE – PITON DE LA FOURNAISE
Samedi 10 octobre 2026
Le réveil pique un peu — départ à 4h00 du matin, bien avant l'aube ! Mais c'est le prix à payer pour le grand rendez-vous du séjour : l'assaut du Piton de la Fournaise. Lors de la montée vers les Hauts dans la pénombre, une petite pointe d'inquiétude nous traverse : les sommets seront-ils dégagés ou allons-nous butter sur un mur de nuages ? Heureusement, nos doutes s'envolent rapidement. La traversée de la Plaine des Sables sur une piste chaotique et sous les premières lumières est un enchantement absolu : un paysage lunaire, désertique et rougeoyant s'étend sous un ciel limpide.
Arrivés au Pas de Bellecombe (vers 5h45, comme prévu) pour admirer le soleil se lever sur l'Enclos Fouqué est un moment de grâce, où la roche passe progressivement de l'ocre au rouge vif. Après avoir dévalé les fameuses 630 marches du rempart, nous entamons la marche dans le cratère. C'est une immersion minérale exigeante : le parcours entre les coulées de lave cordée et les gratons acérés met les chevilles et les chaussures à rude épreuve. Nous suivons comme de bons élèves les traces blanches au sol pour ne pas s’écarter du chemin. Le soleil joue avec les nuages et chaque mètre gagné se mérite à la sueur du front. Nous avons quelques doutes quand les nuages (et la toujours fameuse farine) nous encerclent, mais nous résistons au renoncement en nous disant que nous n’avons pas fait tout ce chemin pour rien ! Et l'effort est récompensé au-delà de nos espérances : atteindre le balcon du cratère Dolomieu et contempler l'immensité de ce gouffre volcanique procure un frisson inoubliable.
3h15 pour monter au cratère, 30 minutes pour admirer la vue et se requinquer et 2h45 pour revenir. On peut dire que c’est un bel effort. Et on peut dire « On l’a fait ! »
C'est lors de la fatigante remontée des marches du rempart que le décor bascule. En l'espace de quelques minutes, de lourds nuages accrochent le relief. Le temps d'atteindre la voiture, le brouillard s'installe et une pluie tenace s'invite sur tout le trajet de retour jusqu'à Bourg-Murat. Bilan : la visibilité devient nulle, les arrêts photos passent à la trappe et le pique-nique prévu au Nez de Bœufs tombe littéralement à l'eau ! En redescendant vers la Plaine des Cafres, une petite accalmie nous permet tout de même une halte au belvédère de Bois Court. Celui-ci abrite une impressionnante horloge hydraulique qui rythme le temps grâce à un savant jeu d'eau. Juste à côté, un aménagement moderne propose une avancée avec une planche de verre suspendue au-dessus du vide, offrant une sensation de vertige saisissante et une vue plongeante spectaculaire sur l'Îlet de Grand Bassin, logé 700 mètres plus bas.
Nous rentrons à l'Étang-Salé rincés, les jambes lourdes, mais avec des images magnifiques plein la tête.