ETANG SALE – SAINTE-ROSE

Publié le par Neos

Lundi 12 octobre 2026 

Aujourd'hui, nous reprenons notre « tenue d’explorateur » pour aller découvrir le sud sauvage, jusqu’à Sainte Rose. Cela fait évidemment pas mal de kilomètres, mais nous avons prévu de les entrecouper très régulièrement par des pauses dans des sites remarquables.

Les zones habitées, commerciales et industrielles s’égrènent tout le long de la route entre Saint-Pierre et le Cap Méchant, notre première halte. La route se fera sous la pluie (on est loin de la farine par rapport aux gouttes qui tombent !) et nous nous disons que la journée est mal embarquée … Nous restons positifs quand même en se disant que voir le Cap Méchant sous la pluie et avec le vent, cela donne une couleur particulière à l’endroit ! Celui-ci doit son nom au spectacle impressionnant de l'océan Indien venant se fracasser contre de sombres falaises de basalte noir. Bordé par une magnifique forêt de vacoas, ce site offre un contraste saisissant entre la fureur de la houle australe et la douceur d'un parc aménagé très prisé des locaux. Nous avions prévu de faire le sentier côtier, mais devant le temps incertain, nous décidons de sursoir à l’objectif et de le faire éventuellement sur la route du retour.

ETANG SALE – SAINTE-ROSE

Après Saint-Philippe, nous faisons un court arrêt au Puits Arabe, taillé directement dans la roche volcanique pour atteindre une nappe d'eau douce près de la mer. Son origine exacte demeure encore mystérieuse. Nous traversons ensuite l'Enclos Grand Brûlé. La route devient un livre d'histoire géologique à ciel ouvert. Les panneaux affichent les éruptions passées, mais le choc visuel le plus brut survient face à la coulée de février-mars 2026. Le champ de lave y est d'un noir absolu, encore dénué de toute végétation. Les blocs chaotiques de gratons et les draps de lave cordée témoignent de la violence récente de l'éruption, quand la roche en fusion à plus de 1 000 °C a dévalé le rempart pour engloutir l'asphalte et agrandir l'île sur l'océan. Face à cette empreinte minérale toute fraîche, la puissance brute du volcan impose un profond respect.

La pluie nous accompagnant encore, nous décidons d’aller jusqu’à Sainte Rose pour voir la célèbre Notre-Dame-des-Laves qui a été miraculeusement épargnée par la coulée de lave de 1977. La roche en fusion s'est séparée juste devant le portail avant d'encercler l'édifice sans le détruire, offrant un spectacle impressionnant où le basalte noir vient caresser la façade blanche. Comme nous ne sommes pas loin du pont suspendu de la Rivière de l'Est, nous allons y jeter un œil avant de prendre la route du retour. Celle-ci nous conduit à l’Anse des Cascades, située dans un écrin de verdure tropicale, elle offre un cadre enchanteur pour notre pique-nique du jour, où de multiples chutes d'eau glissent le long de falaises verdoyantes jusqu'à l'océan.

ETANG SALE – SAINTE-ROSE

Comme par enchantement, le ciel bleu revient. C’est le signe que nous attendions et nous revenons à Cap Méchant pour faire cette randonnée facile le long de l’océan. C’est en toute fin d’après-midi que nous revenons au logement. Certes, il y a eu des kilomètres mais la journée fut riche en sensations fortes et en embruns, une véritable immersion dans l'énergie brute de l'île.

Publié dans Réunion

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